Deux thèmes principaux vont certainement animer les négociations au cours de ces deux semaines : la transition énergétique « juste » et la question du financement.

La présidence polonaise de la COP 24 souhaite placer au cœur des débats les questions sociales soulevées par la mise en place de la transition énergétique. Le président polonais, Andrzej Duda, a ainsi présenté devant les 196 pays rassemblés la « déclaration de Silésie pour la solidarité et la transition juste ». L’objectif étant de prendre en compte l’importance d’un consensus social pour la réussite des politiques environnementales. Et bien que cette thématique fasse écho à d’autres revendications, elle s’inscrit en Pologne dans un contexte bien particulier de production de l’énergie. En effet, 80% de l’énergie polonaise est produite à partir de charbon et la transition énergétique est synonyme d’une reconversion sans précédent d’un secteur économique important.

Mais cette déclaration pour une transition « juste » s’inscrit également dans la perspective du financement. La Banque mondiale s’est en effet engagée à mobiliser 200 milliards de dollars entre 2021 et 2025 dont la moitié sera dédiée à des projets d’adaptation aux dérèglements climatiques dans les pays en développement et l’autre à la limitation des gaz à effet de serre. Si l’objectif est de combler l’écart entre les marchés développés et les marchés émergents selon l’idée d’une transition plus juste, il reste néanmoins que la somme allouée est jugée insuffisante.

L’objectif du financement à la suite du principe d’une transition plus juste est donc bien de faire dévier les flux financiers vers le financement de la transition énergétique. Et des opportunités existent dans les pays en développement, qui se saisissent eux-mêmes de cette question via le développement de projets. Ainsi, les récentes déclarations de la Pologne sur la transition énergétique laisse entrevoir de nouvelles opportunités d’investissements dans les énergies renouvelables et, notamment, dans l’éolien où les ressources de vent sont abondantes et, surtout, les prix issus des récents appels d’offres (AO) EnR sont plus que compétitifs avec les énergies fossiles.